Myanmar: 1 lac, 2000 temples

Par Damien. Click here for Emma’s Myanmar. Et cliquez ici, ou , ou encore ici pour les albums photos.

Tout juste remis du coup d’Etat thaïlandais, on arrive maintenant au Myanmar. Et si la Thaïlande nous a semblé un des pays les plus faciles à visiter, bien lotis dans une bulle de confort, et bien nourris aux spécialités locales épicées, nos deux semaines au Myanmar s’annoncent tout de suite beaucoup plus « sport ». En regardant aussi bien le PIB par habitant que l’Index de développement humain, on est ici parmi les pays les plus pauvres de notre itinéraire, au coude à coude avec le Népal. Après des années d’embargo et de sanctions internationales, le tourisme ici est encore relativement récent, et se développe doucement, encore bien loin d’un tourisme “de masse”, un voyage au Myanmar sera donc forcément une petite aventure, pas toujours facile au niveau logistique, mais c’est aussi le charme de ce genre de destination, encore préservée de certain aspects de la globalisation, où il sera par exemple impossible de trouver des chaînes américaines telles McDo ou KFC (personne n’échappera cependant au pire de la mondialisation: les “phénomènes” genre Gangnam Style et autre Angry Birds, visibles quelque soit l’endroit de la planète, le plus isolé soit-il…)

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Petite parenthèse introductive sur ce nom, Myanmar, que nous occidentaux avons tant de mal à adopter, trop habitué à l’ancien nom de « Birmanie ». Myanmar est bien le nom officiel (et historique), et celui qu’on entendra le plus souvent utilisé par les locaux. Mais ce changement de nom fut décidé en 1989 par la junte militaire, qui est bien sûr au pouvoir sans légitimité démocratique… C’est donc par contestation politique que de nombreuses personnalités (dont la célèbre Aung San Suu Kyi) continuent de choisir le terme « Birmanie ». La capitale Rangoon a de la même façon été renommée Yangon, avant de finalement être déplacée vers une ville au nom imprononçable (Nay Pyi Taw – dur pour le jeu des capitales). Bref, question très politique, et ne voyez surtout pas de choix partisans à mon utilisation du terme officiel de Myanmar dans cet article, en attendant qu’un jour le peuple décide de lui-même du nom qu’il souhaitera porter.

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Notre périple birman (oui je connais toujours pas l’adjectif officiel pour le Myanmar, ça se complique encore cette affaire de noms..) débute au centre du pays, dans la métropole de Mandalay, qui nous accueille donc de la plus chaleureuse manière. Alors qu’on s’était tout juste habitué à la chaleur “hammam” saturée d’humidité en Thaïlande qui s’approchait souvent de la barre 40°, on découvre ici la chaleur “sauna” bien sèche, dépassant désormais largement cette fameuse barre psychologique des 40°. Bref il fait très/trop chaud, et il est souvent difficile de trouver de l’ombre dans les larges rues de Mandalay qu’on essaie vainement d’explorer. Pour une irlandaise et un normand le jeu était perdu d’avance, et on se résout finalement à une journée à découvrir les environs en taxi climatisé (enfin quand la clim décide de marcher), volant à droite, comme 90% des voitures et camions, dans ce pays où on roule à droite, cherchez l’erreur.

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Première colline, premier point de vue, avec des temples à gauche, et des temples à droite, le Myanmar (90% bouddhiste) c’est vraiment les pays des pagodes et des stûpas (je retiens jamais la différence), qui nous accompagneront tout au long de ce voyage.

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Et qui dit temples dit aussi monastères, les moines bouddhistes sont ici omniprésents, en particuliers les jeunes femmes, qui égayent les centres urbains de leur tuniques roses, déambulant les rues pour leur aumône quotidienne (donner du riz ou un pécule est bien sûr une des meilleures façons d’entretenir son karma et s’assurer une bonne réincarnation – il faut aussi pouvoir les financer tous ces temples!).

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Une autre façon de nourrir son karma, et véritable passion nationale, c’est de recouvrir les statues de Bouddha de fines feuilles d’or, à tel point qu’après des années de ce jeu de collage, ladite statue en devient presque invisible, recouverte jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres de couches d’or (6 mètres selon notre guide ce jour-là qui a le compas dans l’oeil – do you mean “inches”? -no, “meters”!), donnant au pauvre dieu une malheureuse apparence lépreuse, ou peut-être un sérieux problème d’exéma…

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Le jeu du collage est par ailleurs une affaire d’homme, les femmes sont invitées à regarder (de loin) leurs mâles déposant leur offrandes depuis une allée latérale.

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Si elles veulent voir de plus près, sans pour autant corrompre la scène par leur nature impure, il y a toujours les T.V. qui retransmettent en direct le délicat procédé (une passion nationale qu’on vous dit!). Un quartier entier de Mandalay est d’ailleurs dédié aux travailleurs préparant les précieuses feuilles d’or (visite très intéressante, parait-il, on est arrivé trop tard).

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Autre spécificité locale, le maquillage traditionnel, sensé également protégé du soleil, fait d’un mélange d’eau et de suie du bois de thanaka, obtenu en frottant patiemment un rondin sur une dalle de pierre. On est pas vraiment convaincu pour la protection UVA/UVB, mais on trouve ça néanmoins très esthétique!

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Nos premiers jours sont aussi ceux de la découverte gastronomique, et là il y a une rime en hic… Je sais pas si on est malchanceux sur nos choix dinatoires, ou si les birmans aiment juste manger de la viande sèche accompagnée d’un bol d’huile, après tout, les goûts et les couleurs… Mais pour résumer, notre expérience gustative la plus satisfaisante fut constituée d’un criquet grillé choisi par notre guide parmi un tas d’insectes reposant près du sol (24H plus tard je passe cependant 2 jours au lit avec fortes fièvres et douleurs abdominales, coïncidence?).

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Commençant à s’inquiéter de boire plus de 3L d’eau par jour sans jamais avoir besoin d’aller aux toilettes, on se dit qu’il est temps de partir chercher un peu de fraîcheur, et on choisit un trek de 3 jours dans les collines environnant le lac d’Inle, un des sites du pays les plus visités du pays, il doit bien y avoir une raison!

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On fait donc la connaissance de notre guide et nos 4 compagnons de route, un couple suisse et un couple franco-belge, avec qui le courant passe tout de suite très bien, et on part à la découverte de la campagne birmane, de village en village, avec cet accueil unique que nous réservent les enfants curieux d’approcher ces personnes bizarres venant de si loin pour randonner sur leur sol.

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Certains se cachent derrière leurs aînés, d’autres plus téméraires viennent nous taper dans la main, les sourires sont larges et sincères, et jamais il ne sera question d’une pièce, d’un chocolat ou d’un crayon, mais juste un échange humain, leur curiosité rassasiée contre leurs éclats de rires, francs et forts, à en redonner foi à l’humanité au plus cynique des misanthropes!

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Le trek passe très vite et on arrive déjà au terminus, le lac d’Inle, où on passe une nouvelle et dernière journée, toujours en compagnie des suisses et franco-belges, puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, à naviguer autour de ce lac, qui semble parfois en dehors du temps, à croire que rien n’a changé ici pendant que le reste du monde se “modernisait”: les jardins flottant continuent d’alimenter les marchés locaux; les fibres du lotus sont patiemment extraites de leur tige avant de se mêler à la soie lors d’un impressionnant tissage, un procédé entièrement manuel; les forgerons battent le fer rouge; les joailliers travaillent leur argent; le bois est sculpté en barques; le tabac roulé en cigares; les pêcheurs utilisent toujours cette même technique de jambe enroulée autour de la rame, progressant paisiblement sur le lac tout en maniant leur filet, où ramassant des algues. Le lac d’Inle est vraiment un lieu à l’atmosphère unique, probablement mieux résumé en images:

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Même l’ancienne tradition de femme au “long cou” est entretenue, mais on est soulagé de voir qu’il ne s’agit ici que d’une attraction touristique alors que l’étirement douloureux semble avoir été abandonné, et on rencontre ainsi des femmes n’ayant pas un cou disproportionnellement long, juste une succession d’anneaux avec les plus larges tombant jusqu’aux clavicules, gardant la tête haute et les épaules basses, donnant au final une impression de long cou très photogénique, assises sur un banc devant un magasin de souvenirs, l’appât touristique parfait!

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On profite du coucher de soleil depuis notre embarcation, et notre visite du lac se termine. Demain, un nouveau bus nous attends!

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On arrive maintenant au coeur historique du pays, visible sur toute bonne carte postale du Myanmar, ce célèbre paysage de plaines peuplée de temple à perte de vue: bienvenu à Bagan!

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L’attraction principale ici sont les vols en montgolfière! …mais on est pas à la bonne saison, donc on enfourche nos grosses cylindrées (ou à défaut un vélo électrique), et on part à la découverte des temples!

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Souvent parmi les seuls assez fous pour affronter les étouffant 43°, on profite donc de visites parfois exclusives de ces ruines plus ou moins bien entretenues. Et alors qu’on n’avait pas réussi à s’habituer à la chaleur de Mandalay, celle de Bagan, pourtant au moins aussi forte, est presque oubliée, devant la beauté des paysages qui s’offrent à nous.

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Bagan on aime, et puis il faut aussi dire qu’étant le principal site touristique du pays, une variété de restaurants s’y sont développés… À nous pizzas, pâtes et currys thaï, on fait le plein de bonnes choses! On adore en particulier les tomates façon birmanes, dans une sauce cacahuète-jus de citron bien pimentée. Après avoir tant critiqué la pauvreté gastronomique du pays, il faut bien aussi reconnaître les bonnes surprises!

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On réfléchit à notre itinéraire, et on prend la route vers Yangon (Rangoon), ancienne capitale et centre économique du pays, où on profite du cinéma climatisé avant de visiter un dernier temple pour la route, la pagode Shwedagon, la plus grande du pays, et qui sait, peut-être le dernier temple de notre itinéraire…

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Car on s’envole ensuite vers notre prochaine étape, qui ne sera ni le Laos ni le Cambodge ni le Vietnam comme initialement prévu, puisqu’on met le cap vers la Malaysie, plus précisément vers une île dont Emma a toujours rêvé depuis sa première rencontre avec des orang-outans, Bornéo!

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