HIMALAYA! Trek autour des Annapurnas

Par Damien. Click here for Emma’s trek. Et pour l’album c’est ici!

L’Himalaya est toujours resté dans ma tête comme étant parmi ce qu’il doit y avoir de plus impressionnant, de plus grandiose sur Terre. Un vieux rêve. Le toit du Monde. Depuis Tintin au Tibet (et un traumatisme de la vision de l’Abominable Homme des Neiges), jusqu’au blockbuster culte “Vertical Limit”, cette chaîne de montagnes a toujours été pour moi mythique, un rêve d’enfant. Et on est sur le point de la découvrir.

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Ce ne sera pas le Tibet (ça reste compliqué un visa pour voyager au Tibet en indépendants…), et on ne verra pas le toit du Monde, car on a choisi le trek des Annapurnas pour son excellente réputation, alors que le trek vers le camp de base l’Everest a souffert de plusieurs incidents ces dernières années (dont une tragique avalanche alors même que nous terminions notre trek). Je tiens à préciser à ceux qui connaissent mon naturel fainéant qu’il ne s’agit pourtant pas d’un choix vers une solution de facilité: parlons chiffres, le tour des Annapurnas peut prendre jusqu’à 3 semaines, la version que nous choisiront nous prendra en fait 11 jours pour environ 130km, ça fait à peine plus de 10km par jour, facile, mais on parle de journée avec souvent plus de 1000m de dénivelé positif pour quelques centaines en négatif, et surtout des altitudes partant de 1100m le 1er jour jusqu’à 5416m le 10e jour, obligeant le randonneur à un rythme plus léger une fois ces hautes altitudes atteintes, dont une journée de repos d’acclimatation le 8e jour. On se prévenait de l’accident de décompression en plongée la semaine précédente, on doit maintenant se prévenir du manque de pression, et du mal d’altitude!

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Et pour la grandeur, ce n’est pas l’Everest flirtant avec les 9000m, mais la chaîne des Annapurans comporte néanmoins de nombreux sommets au delà des 7500m, dont l’Annapurna-I, culminant à 8091m, au top 10 des plus hauts cailloux du Monde. Pour rappel, le Mont Blanc culmine à 4810m.

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Les premiers jours, pas encore de pic enneigés à l’horizon, on admire les femmes portant des charges impressionnantes sur le dos, puis les porteurs en tongues qui gravissent les montées avec les dizaines de kilos de provisions ou d’affaires de randonneurs sur le dos, plus loin on sourit en voyant qu’ici le cannabis pousse partout, fidèle à son nom anglais de “mauvaise herbe”, et enfin on s’étonne de voir que ce début de randonnée dans l’Himalaya se fait au milieu d’une végétation tropicale, au beau milieu d’un champ de bananiers: on est loin du cliché des alignements de pics enneigés de notre imaginaire!

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Ces premiers jours sont aussi l’occasion de faire connaissance avec 3 camarades randonneurs rencontré dans la Jeep nous menant à Syange, point de départ de notre itinéraire: Dave, l’attachant baroudeur écossais à tendances coureur de jupon, qui pense ce qu’il dit mais surtout dit tout ce qu’il pense, sur les routes depuis bientôt 3 ans, ainsi qu’Ali et Bryn, une hippie et un culturiste, tout droit venus de l’ouest canadien, avec qui on sympathisera au point non seulement de terminer ensemble le trek, mais également de poursuivre jusqu’à la fin de notre itinéraire népalais.

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On effectue le trek en indépendants, sans guide ni porteur, ce qui nous permet de décider au jour le jour de notre itinéraire, et de choisir chaque soir une petite auberge nous offrant le gîte et le couvert pour un prix dérisoire, surtout quand on considère l’effort incroyable pour apporter jusqu’ici toutes les provisions nécessaires. Rien de tel d’ailleurs qu’un beignet de barre de Mars pour se recharger en carburant! (et pour faire plaisir aux écossais dont c’est une “infamous” spécialité…)

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Enfin les sommets commencent à se dévoiler, alors même que les effets de l’altitude commencent à se faire ressentir. On respire plus vite, plus fort, et nos jambes semblent plus faibles. Dernière nous tout à coup, sur le versant opposé de la vallée, une gigantesque avalanche sonne comme un coup de tonnerre. On se sent si petit face à ces forces de la Nature.

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Les journées sont souvent difficiles, et parfois froides maintenant qu’on flirte avec les 4000m, mais heureusement on finit toujours par trouver un poêle à bois, et quelques bouses de Yak sont d’une efficacité remarquable!

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On ne compte plus les charmants villages traversés (dont les habitants semblent tous capables de tirer à l’arc comme Robin des Bois!), les moulins à prières tournés, les mules, les chèvres ou les yak rencontrés, les ponts plus ou moins bien suspendus, les “moutons bleus” aperçus (cousins du chamois de nos contrées).

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…Et déjà on approche du passage le plus difficile de la randonnée: nous sommes dans une auberge à 4540m, et la nuit va être courte car demain matin on se lève tôt pour partir juste avant l’aube pour une ascension jusqu’au col de Thorong-La, à 5416m d’altitude, avant de devoir redescendre une pente vertigineuse jusqu’à moins de 3800m pour y passer la nuit suivante.

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Emma a commencé à montrer quelques signes du mal d’altitude (avec en mémoire le traumatisme de l’altitude en Bolivie), et pour garder toutes les chances de notre côté de franchir le col sans encombre, on décide comme de nombreux autres randonneurs de faire appel à un porteur, juste pour les quelques heures de montées jusqu’au col, on descendra avec toutes nos affaires. Bryn, dans la même logique puisqu’il souffrait lui aussi de mots de tête, demande également un porteur pour la même portion du trajet. On fait donc connaissance le lendemain matin de ce petit homme tout en muscle qui va porter le sac d’Emma, et alors qu’on attend le deuxième porteur, on réalise vite qu’il n’existe pas, et que ce porteur a décidé que nos sacs étaient trop légers pour faire appel à un collègue, alors que l’ensemble pèse maintenant plus de 25kg…

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On aurait évidemment préférer donner du travail à deux porteurs plutôt que d’avoir le sentiment de faire de l’esclavagisme moderne avec cette forte charge, mais néanmoins la vision de cet homme montant sans aucune peine visible, s’arrêtant de temps en temps pour sa pause clope, c’est une belle leçon de modestie pour tout randonneur espérant vanter la hauteur de sa performance pour cette ascension finale à plus de 5400m.

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On a pas 25kg sur le dos et on fume pas, mais il n’empêche que cette dernière montée est éprouvante, on respire tellement vite, tellement fort, et pourtant on n’avance pas bien vite, à croire qu’on fait quasiment du sur-place!

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Et que dire de la vue? Eh bien pas grand chose… Alors que cette étape à la réputation d’offrir une des vues les plus impressionnantes du circuit, ce matin c’est le “white-out”, à peine quelques dizaines de mètres de visibilité, c’est l’unique matin du séjour où il ne fait pas beau! Faute de ne pouvoir soulager la douleur à coup de vues panoramiques, chacun s’isole dans une bulle mentale de concentration et de patience, et quand on est surpris d’arrivé enfin au sommet à ce qu’on imaginait n’être qu’un énième col intermédiaire, Emma aussi bien que moi ne pouvons nous empêcher de laisser échapper quelques larmes. On l’a fait! We made it!

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On prend les photos-trophées du col avec le panneau et les drapeaux, puis on s’empresse de commencer la descente, car c’est qu’il y fait un froid de yak là-haut!

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La descente n’est vraiment pas une partie de plaisir, au moins aussi difficile physiquement que la montée (même beaucoup plus dure que la montée selon Emma qui n’est pas vraiment friande de glissades sur neige verglacée), surtout quand le chemin est au bord d’une pente vertigineuse… La neige laisse place ensuite aux champs de pierres instables, on prend garde à nos chevilles, mais on vient malgré tout à bout de cette journée-marathon, et désormais à l’abri du mal de l’altitude, on aura pas besoin de berceuse ce soir.

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Une dernière journée de descente, et on arrive à la fin de l’itinéraire choisi, écourtant de quelques jours de descentes finale et préférant une jeep (attention aux jeeps népalaises, grosse frayeur, la photo parle d’elle-même).

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Mais cette Jeep était le mal nécessaire pour gagner les quelques jours précieux nous permettant de poursuivre vers une dernière étape au Népal avant l’expiration de notre visa, dans un tout autre registre (quoiqu’on a pas fini de marcher..) : le Parc National de Chitwan, connu pour sa dense population de rhinocéros!

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