Premiers pas en Inde: Madurai

Par Damien. Click here and here for Emma’s Madurai. Et ici pour l’album photo.

Après le Sri Lanka, on atterrit maintenant à Madurai, notre premier point de chute en Inde, transition intéressante après avoir beaucoup lu et discuté du conflit entre tamouls et cingalais au Sri Lanka, car on débarque ici au coeur de la région tamoule (l’état indien du Tamil Nadu).

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Le taxi nous transférant depuis l’aéroport peine à se faufiler dans le dense trafic dans cette ville de plus d’un millions d’habitants. Il fait plus de 30°C sans un souffle de vent, il y a beaucoup de monde dans les rues, aussi bien les voitures, motos, vélos que piétons (jamais de trottoirs bien sûr). La première chose qui nous frappe est l’intensité des couleurs.

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Entre le ciel, les peintures des bâtiments, les signes publicitaires souvent peints à la main, les innombrables présentoirs des commerces, les vêtements des passants, les tuk-tuks (ici appelés auto rickshaws, ou autos), les marchants ambulants, les couleurs sont nombreuses et sont partout, on ne sait plus où donner de la tête! La densité est telle qu’on se fera la remarque d’ailleurs après quelques jours qu’on a beau arpenter souvent les mêmes rues, il y a toujours un nouveau magasin qu’on avait pas remarqué, quelques chose d’inattendu qui attire notre attention, et nous fait nous demander si on est bien dans la bonne rue qu’on pensait connaître.

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On découvre aussi la gastronomie tamoule, dans des restaurants affichant une carte interminable dans des termes dont pas un seul ne nous est familier, et on choisit donc au hasard parmi une foultitude de plats qu’on nous sert avec du riz ou différentes sorte de crêpes ou galettes, sur une feuille de bananier, à manger bien sûr avec les doigts (de la main droite uniquement), art pour lequel on avait déjà eu un peu d’entraînement au Sri Lanka bien heureusement. La cuisine est généreusement épicée, les saveurs explosives, on se régale!

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L’Inde est un immense pays, et on a décider pour notre itinéraire de se limiter à sa côte ouest, puis le fameux “triangle d’or”, mais Madurai est l’exception à l’est, qu’on a choisie comme point de départ pour son aéroport offrant des prix imbattables depuis le Sri Lanka. La ville n’est cependant pas dénuée d’intérêt, avec comme attraction majeure le grandiose Temple de Mînâkshî, dédié à l’incarnation de la déesse Pârvatî, qui n’est autre que la femme de Shiva comme vous le saviez probablement… ou pas.

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Vieux de 400 ans, l’énorme temple est entouré d’une dizaines de portes surmontées de tours (les “gopurams”) atteignant jusqu’à plus de 50m pour la plus haute, et présentant d’innombrables sculptures de divers dieux et déesses (il y aurait en tout plus de 30 000 sculptures sur le site).

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Deux statues sont cependant les plus vénérées pour un rituel quotidien symbole de fertilité, durant lequel Mînâkshî et Sundareswarar, incarnations (avatars) de Pârvatî et Shiva, sont sorties pour une procession dans les rues avant les fermeture du temple, précédés par un éléphant élégamment décoré.

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C’est d’ailleurs par hasard qu’on “tombe” sur cet éléphant le premier soir et à notre grande surprise, alors qu’on commence à se demander si un éléphant dans les rues en Inde c’est juste normal…

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On visite par la suite le temple, ou au moins les zones où les non-hindous sont tolérés, et on recroise notre ami l’éléphant qui nous “bénit” d’une caresse de trompe sur le front (ou d’un coup de poing dans mon cas), après s’être délicatement saisi de notre offrande pécuniaire bien évidemment (indescriptible sensation, le contact avec une trompe qui vous ramasse un billet dans la main!). Les appareils photos ne sont cependant pas autorisés dans le temple, tant pis pour la photo touristique avec l’éléphant qu’on aurait secrètement pris pour le plaisir!

Il est temps maintenant de rejoindre cet itinéraire tracé sur la côte ouest, et on part à la recherche de billets de train à la gare de Madurai, laissant la tâche à Emma afin de profiter de la file d’attente beaucoup plus courte mais réservée aux femmes. Je ne résiste alors pas à la tentation d’immortaliser cet instant, Emma dépassant d’au moins une tête cette file d’attente tout en couleurs!

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Une demi-heure plus tard, Emma apprend qu’elle fait la queue pour rien puisque notre train doit être réservé à un autre guichet, le sien n’étant que pour les départs immédiats. Nouvelle attente donc au bureau en question, avant de comprendre qu’il faut au préalable remplir un formulaire, sans quoi le guichetier ne peut réserver les billets. Un vrai parcours du combattant donc, mais armés de patience (on va pas non plus prendre un an de vacances et être pressés…) on finit par obtenir le précieux sésame, nos billets pour un wagon-lits, indispensables pour ce voyage de nuit de pus de 10 heures.

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On monte donc le soir même à bord de notre premier train indien, et alors que je me réjouis déjà de découvrir notre vieux wagon dans lequel on a l’impression de remonter le temps, Emma elle, en bon réflexe féminin (hooo le macho!), commence tout d’abord par s’inquiéter de la propreté de la banquette sur laquelle on passera la nuit, et a la mauvaise idée de passer un coup de lingette sur le vieux simili cuir, qui colore cette dernière en un joli motif grisâtre, digne des plus belles peintures préhistoriques.

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On rit puis on pose nos sacs à dos qui nous serviront d’oreillers, la crasse moins visible de nos bagages étant bien plus confortable!

Bonne nuit, et à demain pour une traversée en bateau sur les backwaters du Kerala!

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