Premiers pas en Asie: Colombo!

Par Damien. Click here for Emma’s Colombo. Et ici pour les  (quelques) photos.

Après un retour au pays de près d’un mois pour les fêtes, nous voici à nouveau en sac à dos, s’envolant cette fois vers l’Est, puisqu’après 5 mois en Amérique du Sud, nous allons maintenant découvrir le continent asiatique, en commençant par le Sud et l’île précieuse du Sri Lanka.

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Le pays est en effet devenu une destination touristique très prisée ces dernières années, surtout depuis la mort du leader des Tigres Tamouls en 2009, marquant symboliquement la fin de la guerre civile opposant la minorité tamoule à la majorité cingalaise (pour ceux qui s’intéresse à l’histoire approximative, il y a wikipédia qui est fait pour ça).

On décolle donc en direction de la capitale srilankaise, Sri Jayawardenapura. Ok comme c’est imprononçable, et surtout impossible a mémoriser pour le jeu des capitales, tout le monde retient le nom de son agglomération, Colombo.

Le trajet comporte une petite escale a Djeddah, en Arabie Saoudite, car pour ne payer que 270 EUR le vol, il fallait forcement faire le plein de kérosène dans un pays de l’OPEP. Voler avec une compagnie saoudienne est d’ailleurs une expérience intéressante en soi, entre les “Allah akbar”, et la prière diffusée sur les écrans avant le décollage, prononcée d’une voix arabe caverneuse, avec écho sur-amplifie, et pour image une vue céleste, volant au dessus des nuages. Un mauvais sketch comique n’aurait pas fait mieux pour caricaturer “la voix de dieu”. Mais trêve de blasphèmeries, choisir une compagnie aérienne saoudienne implique aussi bien sur un divertissement à la sauce saoudienne… Les nombreux films “sélectionnés” et proposés sur notre écran ont en effet tous été “légèrement” modifiés. Dans ce pays qu’on sait désertique, j’imagine donc que pour lutter contre le fléau du mélanome, et décourager la population à exposer leur peau aux violents rayons du soleil, la moindre épaule, décolleté, ou jambe visible au dessus des genoux ont donc été floutés sur l’image. Par ailleurs, ce pays est d’un romantisme absolu, car si le héros de la fiction a la chance d’enfin séduire l’héroïne, la scène tant attendue par les spectateurs de l’Ouest (ces pervers) a tout simplement été coupée, dans une sorte de suggestion délicate laissant libre cour a l’imagination romantique du saoudien. C’est quand même beaucoup plus distingué!
L’escale a Djeddah est de la même façon une expérience dans la vie d’un pays islamique réputé des plus strictes, avec l’appel à la prière diffusé dans l’aéroport, et les femmes souvent entièrement voilées, même les yeux, c’est quand même pas pratique! Encore des romantiques qui veulent préserver leur âmes pures de la laideur de ce bas monde.

Fin de notre “rendez-vous en terre inconnue chez les saoudiens”, nous attristerons enfin a Colombo, et non pas Columbo. Quand je vais dire ça a ma femme… La capitale est généralement boudée des touristes, qui préfèrent commencer par poser leur valise a Negombo, au Nord et a deux pas de l’aéroport.

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Notre entrée en matière est quelque peu chaotique, puisqu’on est jeté dans le grand bain du marché de Manning, où nous dépose un tuk-tuk à qui on avait demande le célèbre “marché de Pettah”, après une course folle à bord du tricycle motorisé dans les rues les plus congestionnées. En fait Pettah c’est le nom du quartier, un labyrinthe de ruelles où on peut trouver à peu près tout et n’importe quoi, mais c’est au Sud dudit quartier qu’on trouve cet immense marché aux légumes de Manning dans lequel nous nous retrouvons accidentellement immergés. Fraîchement débarqués de notre mois en Europe aseptisée et hivernale, le choc ici est assuré! On est aux heures les plus chaudes du début d’après-midi, il n’y a donc pas grand monde à s’y aventurer, et on commence la longue traversée d’une de ces interminables allées, courbés sous les taules (c’est qu’ils sont pas grands ces srilankais!), dans un climat étouffant et saturé d’humidité, propice à la diffusion des multiples odeurs de fruits et légumes, parfois pourris on le devine, nous donnant comme une impression de nager voluptueusement dans une piscine de vomi, pour illustrer l’expérience d’un peu de poésie, les amateurs apprécieront.

Avec en plus la découverte pour Emma d’être l’objet de tous les regards les plus insistants de la population mâle. Et c’est pas la couleur de ses yeux, pourtant d’une rare beauté, qui en sont la cible favorite. Pourtant on avait bien reçu le message des saoudiens contre le mélanome, et Emma porte un T-shirt sans décolleté ni épaule apparente. Bref, après notre première et interminable allée, on ressort du marché presqu’aussi vite qu’on y est rentré, sans même avoir pris le temps de sortir l’appareil photo. C’était peut-être un peu trop violent comme première expérience en Asie.

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Les cinq sens agités, presque agressés (enfin quatre sens, on n’a rien touché), on sort de Pettah, et on poursuit la visite vers un temple hindou, puis un temple bouddhiste, pour y reprendre notre souffle, et s’offrir une introduction aux religions et cultures locales. Notre guide est un srilankais croisé “par hasard” en début d’après midi, qui “se rendait justement au temple” et nous propose gentiment de l’y accompagner. On saute donc dans le “premier” tuk-tuk qui passe pour aller visiter le premier temple, puis le second. Notre camarade parle mal anglais mais donne quelques explications intéressante, mais de plus en plus suspicieux de l’arnaque nous décidons d’arrêter là cette joyeuse escapade, et obtenons bien sûr l’addition faramineuse du complice en tuk-tuk. Je refuse de payer mais dédommage évidemment les malins à hauteur du service rendu, qui finiront par nous laisser tranquille sans trop de frais. On était pourtant prévenus, on se fait avoir comme des bleus!

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On croise aussi nos premiers charmeurs de serpents à lunettes, dont l’un sort d’un sac un énorme boa qui s’aventure dangereusement sur les épaules d’Emma, toujours beaucoup plus hardie que moi avec ces reptiles dont je préfère rester a distance. Au jeu du un qui pose, et un qui prend la photo, je préfère le rôle du photographe.

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Colombo est aussi le lieu de notre découverte de la gastronomie srilankaise, au sommet de laquelle trône le fameux “riz et curry” dont nous nous délecteront au moins une fois par jour pendant nos trois semaines sur l’ile: une assiette de riz donc, et 3, 4, voire jusqu’à 7 plats de différents légumes en sauce, et des morceaux de viande ou poisson si le plat n’est pas végétarien (on reste dans un pays bouddhiste).

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Un vrai délice, à manger quotidiennement sans risque de s’en lasser puisque chaque maison aura sa recette spéciale et ses currys secrets. Attention cependant à l’odeur de certains type de riz srilankais qui, lorsqu’il ne sont pas bien rincés avant la cuisson parait-il, diffuseront un parfum naturel plus proche de l’andouillette mal cuite que du basmati. Il vous faudra alors le noyer de sauce pour espérer couvrir l’odeur peu flatteuse. Pourtant j’adore les andouillettes, mais là…

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En conclusion, ce Colombo exclu de l’itinéraire touristique classique nous a finalement assez plu comme introduction, probablement justement car l’absence de touristes renforce le côté authentique de cette première expérience.

A suivre, Kandy et le triangle culturel!

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