Cuzco, gastro, picchu

Par Damien. Click here for Emma’s Cuzco. Et les photos de là-bas sont ici!

Après s’être refait une santé à Arequipa, on pose nos sac-à-dos à Cuzco, passage obligé(?) de tout voyage sud-américain.

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Capitale de la civilisation Inca, on y trouve de nombreux musées et anciens temples pour les passionnés d’histoire, d’art et d’archéologie, mais c’est surtout la porte d’entrée vers la vallée sacrée, dont les plus célèbres ruines incas sont bien évidemment celles du mythique Machu Picchu, ancienne cité inca perchée en haut d’une montagne, tombée dans l’oubli après la chute de l’empire, puis “redécouverte” au début du XXe siècle. Pas d’inquiétude, je ne vais pas faire ici d’exposé ni sur les incas ni sur le Machu Picchu, wikipédia (ou autre source plus sérieuse) fera ça beaucoup mieux que moi.

Inca trail, Salkantay-trail, Jungle-trek? ou gastro-trek…

Pour beaucoup de voyageurs rêvant du Machu Picchu, la voie d’accès royale est l’Inca Trail, ou “chemin inca”, un trek sur 5 jours en général, suivant le chemin que les incas prenaient pour se rendre au Machu Picchu, et passant par de nombreux autres sites archéologiques. Cependant, dans le souci de prévenir contre l’érosion du chemin, le gouvernement limite l’accès à 500 randonneurs par jours, ce qui a pour effet d’allonger la liste d’attente des randonneurs, obligeant à s’inscrire parfois plusieurs mois à l’avance, mais aussi un effet sur le prix, avec un coût moyen au-dessus des 500 euros, voire beaucoup plus selon les options…

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Bref, puisqu’on n’était pas sûr de la date à laquelle on serait à Cuzco, et qu’on espérait dépenser beaucoup moins, on avait prévu d’opter pour le Salkantay trek, une des nombreuses alternatives existantes menant vers le Machu Picchu. Mais une fois à Cuzco, la fatigue et le mauvais temps nous ont fait relativiser notre envie de s’aventurer pour 5 jours sous la tente, et on s’est finalement inscrit pour un “jungle-trek” de 4 jours, avec descente en VTT, rafting, randonnée, tyrolienne et retour en train, le tout au tarif imbattable de 180e (l’entrée au Machu Picchu et le retour en train valent près de 100e à eux seuls).

Et là, c’est le drame.

La veille du départ, après un dernier briefing, on se prépare avec enthousiasme, mais je vais à mon tour être victime de ces fameux parasites redoutés des touristes, avec une nuit sans sommeil, où les moments de répits entre vomissements sont rythmés par les crises diarrhéiques. Je me vide continuellement “par les deux bouts”, comme on dit si poétiquement.

poesie

Autant de détails sont-ils vraiment nécessaire sur ce blog? Non, en effet. Mais c’est aussi ça la réalité du voyage en Amérique du Sud, vous voici prévenus… c.f. dernier paragraphe. Après mon sentiment d’invincibilité face à Emma qui avait bien souffert en Bolivie, alors que je m’imaginais d’une santé de fer, intouchable et prêt à manger dans le moindre boui-boui au coin de la rue, c’est en fait à mon tour de payer la “taxe de séjour” bolivienne. Et ce que j’imagine au départ être une simple intoxication alimentaire durera en fait 6 jours, histoire de pimenter un peu ce jungle- trek, qu’on pourrait renommer “gastro-trek”, malheureusement pas dans le sens culinaire du terme. Remise en question matinale quant à l’annulation du trek, je décide finalement de le tenter malgré tout (moi aussi je peux l’avoir le fighting spirit). On rencontre nos camarades trekeurs, 1 Argentin, 1 Allemand …et 3 Nantais, et nous voici partis en bus vers le point culminant du trek, d’où on enfourche les VTT pour 2H de descente.

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C’est ma 3e descente en 2 semaines après La Paz et Arequipa, je commence à prendre un peu trop confiance, mais je suis vite rappelé à l’ordre lors d’une traversée de rivière un peu trop rapide où je perds le contrôle et goûte un peu au goudron. Attention, image pouvant heurter la sensibilité des plus fragiles.

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AAAAAaaaaah!

Oui je sais, c’est affreux. Mais avec un peu de chance, j’aurais une cicatrice… “ouai ça c’était lors d’une descente en VTT au Pérou“.

Arrivés à notre première auberge, enfin plutôt un truc qui ressemble à un squat avec des lits dedans (comme j’ai dit, une fois payés l’entrée et le retour en train, il ne reste plus grand-chose…), on s’équipe ensuite pour une heure de rafting.

Mais qu’est-ce qu’on fait là?…

Ni Emma ni moi n’en avions déjà fait, et on écoute attentivement les explications du guide quant aux différents signaux à suivre: quand ramer en avant, en arrière, quand se jeter de l’autre côté du bateau pour faire contrepoids, quand rentrer la tête entre les genoux, et prier, jusqu’au prochain signal…

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La pression commence à monter, et on observe avec inquiétude la force et la vitesse des rapides (classe 3 pour les connaisseurs) sur cette eau marron qui grondent derrière notre guide, ce dernier entamant alors l’ultime chapitre de son exposé, celui où l’on explique la conduite à suivre si on est éjecté du bateau. S’accrocher à la corde autour du bateau et attendre qu’on coéquipier nous remonte. Si on a lâché la corde, essayer de s’accrocher à la rame d’un collègue. Et surtout toujours tourner la tête et les pieds vers la descente, afin d’éviter de boire la tasse dans les rapides. En dernier recours, un autre guide nous devance en kayak, et on nous explique la procédure pour s’accrocher à ce dernier. Mais qu’est-ce qu’on fait là? Est-il toujours temps de faire demi-tour?…

Je fais semblant de ne pas avoir peur pour rassurer Emma, et malgré ma nuit sans sommeil je puise dans mes dernières forces et nous voici partis, pagayant frénétiquement aux signaux du guide.

After biking, rafting

After biking, rafting

Une fois le premier gros creux passé, et la première vague reçue en pleine tête, la peur a vite laissé place aux fou-rires, et après une petite heure de sensations fortes, on en redemande encore lorsqu’on doit malheureusement débarquer. Le rafting est vraiment un concentré de plaisir, et on se dit déjà qu’on en refera dès que l’opportunité se présentera! Lessivés, presque au premier degré, la journée se termine, et on peut enfin se reposer, car le lendemain une grosse journée randonnée nous attend.

Levé très matinal, afin de profiter de la fraîcheur pour les premières heures, on commence sous la pluie, mais réjouis par les perroquets qui volent au-dessus de nos têtes, et l’observation de toutes sortent de fruits autour de nous: avocat, banane, café, piments, ananas, cacao, mangue sauvage, mandarine, et autres fruits exotiques dont j’ai oublié le nom, ça change des glands et des châtaignes de nos contrées!

On emprunte une partie d’un chemin inca, le marches sont serrées et la pente vertigineuse, avec un superbe panorama sur la rivière en contre-bas, la même qui nous avait donné des frissons en rafting la veille.

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On finit la journée par une baignade dans une source chaude bien agréable, malgré mes douleurs abdominales qui ont repris de plus belle…

Et là, le re-drame.

Le soir venu je me sens “mieux” grâce à ma nature optimiste, et lorsque la “tequila inka” commence à couler après le repas (en fait une sorte de cachaça), il m’est difficile de résister, et, sans rentrer dans les détails, alors qu’Emma a eu la bonne idée de se coucher, je finis quelques heures/shots plus tard à suivre le défi de notre guide dans la discothèque locale, effectuant un saut que j’entends qualifié de majestueux, du haut du bar vers la barre de poll-dance au centre de le piste… C’est qu’il y avait aussi la qualification de la France pour la coupe du monde à fêter ce soir-là! Dans la jungle au Pérou, mais pas complètement coupés du monde…

Le lendemain, je paye le prix fort de mon égarement nocturne, et de mon excès de confiance quant à la solidité de mon estomac qui était loin d’être remis, et après une matinée de descentes en tyrolienne, les yeux fermés et les dents serrées, je suis malade le reste de la journée, et contraint à prendre l’option train au lieu des quelques heures de marches prévues au programme.

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Dernier jour, levé à 4H30 pour arriver parmi les premiers au Machu Picchu…en bus. On aurait préféré monter à pied, mais c’est encore ma petite santé qui nous convaincra pour l’option motorisée (je sais, c’est tricher).

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Le plaisir de découvrir le site à la chaude lumière matinale nous fera vite oublié notre “tricherie”, et le brouillard donne à l’ensemble un air surréaliste, une ville dans les nuages! Ce qu’on a devant nous semble presque faux, comme la peinture géante d’un décor de cinéma.

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On suit la visite guidée avec attention, malgré la taille conséquente du groupe, et on déambule parmi les ruines admirant chaque point de vue, malgré les hordes de touristes fourmillant un peu partout.

Incaland

Car mieux vaut être prévenu avant d’arriver ici, le Machu Picchu c’est un des sites les plus touristiques en Amérique du Sud, et dès l’entrée un sentiment disneylandesque nous envahit. Mais en faisant abstraction du côté attraction aseptisée, on peut vraiment ressentir le côté mystique de ces ruines qui en font un endroit si spécial et si célèbre à travers le Monde.

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On prend ensuite le chemin menant au mont Machu Picchu, histoire de prendre un peu de hauteur et d’admirer la vue. 1 heure et demie de marches interminables plus tard, on arrive enfin au sommet …sous un épais nuage.

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On n’apercevra que difficilement le Machu Picchu en contre-bas, mais heureusement lors de la descente, la vue se dégage, et on peut admirer la grandeur du site et ses alentours, remplissant la carte mémoire de clichés carte-postales.

On restera quasiment jusqu’à la fermeture à contempler le lieu, en oubliant presque mes maux intestinaux, avant de rentrer à Cuzco, qu’on quittera le lendemain, 23H de bus direction Lima. Avec mes boyaux qui font des bonds (ça se porte fièrement un patronyme!) et l’hôtesse qui annonce au début du voyage que les toilettes ne fonctionnent pas. Une vraie torture.

Pardon..

Petite note finale pour m’excuser du ton quelque peu scatologique de ce billet, mais c’est aussi ça les aléas du voyage, et mieux vaut être prévenu – et équipé en médication adaptée – avant de s’aventurer dans les pays où les standards d’hygiène ne seront pas toujours respectés !

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2 thoughts on “Cuzco, gastro, picchu

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